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Fin de règne au Zimbabwe

Mer. 29 novembre 2017
Enclavé en Afrique australe, le territoire du Zimbabwe compte 390 757 km2. Le pays est peu peuplé avec près de 17 millions d’habitants.

En 1889, Cecil Rhodes obtient un mandat de l’Empire britannique de coloniser l’actuel Zimbabwe via la Southern Africa Company. Le pays est en son honneur appelé Rhodésie du Sud, alors que l’actuelle Zambie porte le nom de Rhodésie du Nord. La Rhodésie du Sud reste pendant plusieurs décennies une colonie britannique.

Le 11 novembre 1965, Ian Smith déclare unilatéralement l’État indépendant de Rhodésie, et installe un régime d’apartheid ; le pays n’est pas reconnu par la communauté internationale.

Des mouvements noirs se sont formés au cours des années 1960, et ont combattu le régime de Ian Smith jusqu’en 1979, où un accord de paix et une nouvelle constitution ont vu le jour. Le 17 avril 1980, la majorité noire accède au pouvoir, le pays prend la dénomination de « la République du Zimbabwe », et Robert Mugabe devient premier ministre. Il faut attendre la révision constitutionnelle de 1987 pour que « camarade Bob », le nom de guerre de Mugabe pendant la lutte pour l’indépendance, devienne président.

Les années qui ont suivi l’indépendance ont été le théâtre de rébellions, puis d’une crise économique durable. Les revendications de la population noire pauvre ont été de plus en plus pressantes, alors qu’une minorité blanche détenait la majorité des terres fertiles du pays. Entre 1980 et 1983, une guerre intestine a lieu entre les deux mouvements nationalistes, les « shonas » ou ZANU et les Matébélés et Ndébélés regroupés dans le ZAPU.

Les années 90 vont connaître des événements qui accentuent les dérives autoritaires du régime et enfoncent le pays dans le cercle vicieux du marasme économique.

En 2000, pour répondre aux désirs de sa population face à une crise économique, de nombreuses fermes blanches ont été saisies et redistribuées aux fermiers noirs ; cela a entrainé une grave crise agraire et politique. L’Etat installe sur les terres réquisitionnées des anciens combattants proches du régime. Ils n’ont ni les connaissances ni le matériel nécessaires pour cultiver leurs lopins et beaucoup de terres restent en friches. L’ancien grenier à blé de l’Afrique australe n’arrive plus à subvenir aux besoins de la population, le chômage explose, l’hyper inflation se répand, les minorités persécutées fuient le pays qui quitte le Commonwealth, les milices contrôlent de plus en plus durement les populations, épidémie de choléra à cause de l’insalubrité des conditions de vie…

Cette crise va être accentuée en 2002 avec la suspension par la communauté internationale de ses financements pour cause d’atteintes à la liberté. Le Zimbabwe s’enfonça de plus en plus dans une spirale non démocratique avec des limitations de la liberté de la presse, des élections frauduleuses, le développement de milices.

En 2008, les élections présidentielles et législatives se déroulent dans un climat de violence et de fraude généralisée. Bien qu’arrivé en seconde position au premier tour, Mugabe est réélu car son opposant se retire de la compétition pour dénoncer les conditions du scrutin.

En 2009, sous la pression de la communauté internationale, Robert Mugabe accepte de partager le pouvoir avec son opposant et rival Morgan Tsvangirai. En 2012, certaines mesures de boycott ont été levées, mais le gel des avoirs ainsi que l’interdiction de voyager pèsent toujours sur le président Mugabe. L’embargo sur les armes de l’Union européenne est lui aussi toujours en place. Une embellie de courte durée.

En 2013, Robert Mugabe a été élu pour un 7ème mandat. Le 15 novembre 2017, après trente-sept ans de règne, Robert Mugabe, à 93 ans, finit par démissionner malgré des manœuvres d’arrière-garde pour contrecarrer un coup d’Etat orchestré par Emmerson Mnangagwa. Robert Mugabe précipite sa chute par tentation dynastique. Le 4 novembre, il annonce que son épouse Grace, 52 ans, aux surnoms caractéristiques de « Grace Gucci » ou « Disgrace » lui succèdera, et limoge son vice-président Emmerson Mnangagwa. L’erreur fatale !

Avant de partir, Robert Mugabe a obtenu une amnistie et un accord financier qui lui permettra ainsi qu’à sa famille de vivre à l’abri du besoin : 5 M$ en espèces, et 5 autres payés progressivement ; il continuera à percevoir son salaire mensuel de 150 000 $ jusqu’à sa mort, et après sa femme Grace aura une pension de réversion à due concurrence de la moitié ; la prise en charge de sa sécurité, de ses frais médicaux, et notamment d’un voyage annuel à Singapour où il a pris l’habitude de s’y rendre pour être soigné ; ils resteront dans leur maison de Blue Roof dans le quartier de Borrowdale à Harare…

Il prend une retraite dorée en laissant totalement exsangue un pays aux immenses ressources : le pays produit près de 10 % de l’or mondial, 7 % du platine, 5 % du palladium, des diamants, du charbon...

Et pourtant, les trois quarts de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le Zimbabwe se classe 154ème sur 187 selon l’index de développement humain des Nations Unies, 154ème sur 176 en termes de corruption selon Transparency International et 161ème sur 190 sur l’indice Doing Business. Ces deux derniers classements démontrent la prévalence de la corruption.

Emmerson Mnangagwa prend la suite. Bien qu’ayant sévèrement réprimé et pourchassé les opposants politiques au cours des élections de 2008, il a été choisi par l’armée le clan des combattants historiques pour assurer la transition. Espérons qu’ils acceptent enfin de partager le pouvoir, et de penser au bonheur du peuple !

 

 

 

 

 

 

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