Langues:
Rejoignez-nous sur :
Se connecter S'inscrire Nous contacter Qui sommes-nous ? Nos mécènes
Accueil Les actualités L’AFRIQUE À TOUTE VAPEUR

L’AFRIQUE À TOUTE VAPEUR

Sam. 04 novembre 2017
Après la Chine qui investit massivement dans le secteur ferroviaire depuis les années 70, c’est au tour d’autres pays émergents et des pays africains de prendre le train en marche dans de méga projets ferroviaires.

La présence d’entreprises du BTP chinoises sur le continent africain répond à la volonté des gouvernements de faire du déploiement des infrastructures une priorité du développement. Toutefois le débat se pose sur la pérennité des ouvrages réalisés par celles-ci indépendamment des facilités de financements qu’elles octroient.

La Turquie s’invite également dans le BTP, les transports aériens et ferroviaires plus particulièrement. Le contrat ferroviaire en Afrique orientale remporté récemment par les Turcs se décline en deux volets : conception et construction. Il remplacera la vétuste voie ferrée étroite entre Dar es-Salaam et Dodoma, construite pendant la période coloniale britannique.

Le gouvernement tanzanien a attribué la deuxième phase de la construction de son réseau ferroviaire au conglomérat turc des BTP, Yapi Merkezi. Le contrat est estimé à 2 Md$. Le tronçon s'étendra sur 422 km entre les villes de Morogoro et Makutupora, localisées dans le centre du pays.

La firme stambouliote intervient en partenariat avec la compagnie portugaise, Mota-Engil. Le consortium est qualifié pour la première étape de la ligne à écartement standard de 207 km entre le port de Dar es-Salaam et la ville de Morogoro pour un montant de 1,2 Md$.

L’objectif affiché par la société des chemins de fer tanzanienne, RAHCO, concerne la construction d’une ligne principale de 336 km et de 86 km de ligne de déviation, huit gares pour passagers et six dédiées au fret livrables dans 36 mois. La ligne ferroviaire sera alors à mi-parcours de sa destination, la frontière occidentale de la Tanzanie avec le Burundi pour être reliée alors aux réseaux ferroviaires rwandais, burundais et ougandais, pays enclavés de la région pour leur permettre de transporter leurs marchandises vers l'Océan Indien.

In fine, la société des chemins de fers tanzanienne prévoit d’investir 14,2 Md$, dans les cinq prochaines années, pour atteindre 2 561 km de voies ferrées à écartement standard et électrifiées. La compagnie RAHCO lancera prochainement trois appels d’offres internationaux pour un premier tronçon de 700 km.

Si le continent africain jouit d’une croissance économique sans précédent fondée sur l’envolée démographique, l’exploitation et la valorisation de ses importantes ressources naturelles, elle le devra à l'accroissement de ses échanges commerciaux intra-régionaux et internationaux sans lesquels il n’y aura pas de développement durable, inclusif et respectueux de l’environnement.

Le choix des infrastructures, ferroviaires plus particulièrement, doit être nécessairement associé à une politique énergétique autonome et sécurisée, et assortie d’une maîtrise des coûts de facteurs, qui leur permettront comparativement compétitives aux autres modes de transport tout en jouant un rôle plus important encore dans les transports des marchandises sur de longues distances que dans les réseaux de transport en commun interurbain et urbain.



Si le réseau ferroviaire du continent africain laisse à désirer, il joue un rôle important dans la croissance et la viabilité économiques des Etats, ce qui requiert la mobilisation d’importantes ressources financières, mais également l’amélioration du professionnalisme, le renforcement des réglementations... Toutefois, ces ambitions pourraient être en deçà des espoirs si la bonne gouvernance et la sécurité n’étaient pas au rendez-vous.

L’Europe, l’Amérique du Nord et l’Inde doivent notamment leur développement économique et le progrès social à l’essor du chemin de fer. Il en sera peut-être de même pour le continent africain.

Daniel Joannes
Partagez avec vos amis :