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L’Afrique, un eldorado à saisir avec respect

Lun. 25 septembre 2017
Cette fois, nous y sommes : l'Afrique suscite un forum international de haut niveau sans que soit mis en avant son « développement » (donc son sous-développement), mais sa croissance (verte, durable, inclusive), ses entreprises, ses opportunités d'affaires, ses innovations techniques, technologiques, culturelles.

Le Forum Africa Time for a new deal qu'organise le Club Africa 2030 réunit ce mercredi 20 septembre à Paris chefs d'entreprise, investisseurs, banquiers, innovateurs dans le numérique et leurs partenaires techniques et universitaires.

En pleine croissance


L'Afrique vit - globalement - une pleine croissance qui semble inarrêtable. Malgré les incidents de parcours (prix des matières premières...) et certaines tensions politiques, tous les facteurs sont en place.

L'urbanisation en Afrique, ce sont 20 à 25 millions de nouveaux urbains chaque année, ce qui permet l'émergence d'une classe moyenne. La multiplication des entreprises conduit à une croissance exponentielle des services : conseil, financement, recrutement, formation, gardiennage...

L'appropriation et le développement local de techniques adaptées et des technologies les plus modernes, permettent à l'Afrique de sauter des étapes (le fameux « leapfrog »), en faisant l'économie de coûteux réseaux fixes de téléphone ou de distribution d'électricité.

Que l'Afrique subsaharienne, à elle seule, regroupe depuis 2015 un milliard d'habitants n'est pas étranger à cet engouement durable. Au Kenya, le paiement par mobile est tellement répandu que la mairie de Nairobi a envisagé en 2015 d'exiger le règlement des contraventions sur le champ par ce moyen exclusif !

Mettre les formes

Les entreprises françaises y ont des atouts : langue, proximités historique, géographique et culturelle. Mais ils peuvent se transformer en autant de handicaps : il ne suffit pas de se dire proches et de prendre à la légère ces opportunités. Aller à Bamako, c'est comme obtenir un marché à Limoges ou à Hochiminh Ville : il faut se préparer et y consacrer des mois voire des années en prospection et en formalisation.

Les entreprises françaises réussissent quand elles se donnent le temps d'étudier les marchés, d'écouter ceux qui connaissent, d'identifier les bons interlocuteurs, et de formaliser les accords.

Quand les entreprises françaises, ouvertes à l'ensemble du continent (au contraire d'autres pays européens, limités à leurs anciennes colonies), sont exemplaires sur le plan de la responsabilité sociale et environnementale, de la patience et de l'investissement dans la durée, les Africains les accueillent en partenaires bienvenus.

Ecosystème porteur

Il y a une variété incroyable d'entreprises françaises qui participent à l'accélération de la croissance Africaine. De grands groupes développent à leurs risques des infrastructures. Des PME innovantes apportent des technologies, des matériaux ou des produits qui semblent inventés pour l'Afrique : blockchain, impression 3D, plateforme Ebano de mise en contact entrepreneurs-investisseurs, kits solaires...

Ce continent est légitimement exigeant et ne se contente plus de bonnes intentions affichées.

Un tissu d'investisseurs se mobilisent, d'Impact Investment, (investisseurs et partenaires, qui porte depuis 20 ans avec succès l'investissement dans les PME africaines) à Wendel, qui a investi plus de 1,4 milliard d'euros en moins de cinq ans, ou Creadev, qui ouvre un bureau à Nairobi), Amethis Finance, qui lance son second fond spécialisé sur l'Afrique pour 300 millions d'euros.

L'Afrique est une terre d'opportunités comme l'histoire en a rarement connu. Mais ce continent est légitimement exigeant et ne se contente plus de bonnes intentions affichées, de proximité factice, de projets faciles ou immédiats. Être professionnel est, indispensable en Afrique comme ailleurs. Peut-être plus qu'ailleurs, les profits et les succès sont au rendez-vous pour les investisseurs sérieux qui savent traverser les embruns.

Tribune de Khaled IGUE, président du Club 2030 Afrique et François JAY, président d'Ebano Finance, publiée le 18 septembre 2017 dans les Echos
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