Langues:
Rejoignez-nous sur :
Se connecter S'inscrire Nous contacter Qui sommes-nous ? Nos mécènes
Accueil Les actualités L'Afrique du Sud en récession

L'Afrique du Sud en récession

Sam. 15 juillet 2017

Après plusieurs années de croissance atone, avec 2,5 % en 2012, 1,9 % en 2013, 1,1 % en 2014, 1,3 % en 2015, l’Afrique du Sud a connu la récession depuis fin 2016. Au premier trimestre 2017, le PIB sud-africain s'est contracté de -0,7%, après avoir déjà reculé de 0,3 % au dernier trimestre 2016.

Le recul du premier trimestre a pour origine les faibles performances de la production électrique (-4,8 %) et manufacturière (-3,7 %), ainsi, que du secteur tertiaire, en recul de 2%, contribue également à ces mauvais résultats. Seuls les secteurs miniers (+12,8 %) et agricoles (+22,2 %) sont dans le vert, en forte reprise après une difficile année 2016.

Depuis plus de 5 ans, la croissance sud-africaine est en retrait par rapport aux 5-6 % des années quatre-vingt-dix et deux mille. Ces années avaient permis à l’Afrique du Sud d’être un maillon important de la chaîne de valeur minière mondiale, un fournisseur mondial de composants automobiles (sièges et pots catalytiques), un acteur régional majeur pour les services financiers et le commerce de détail…de devenir un pays émergent, et de faire partie des BRICS comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

Cela parait bien loin. Cette diminution de la tendance de croissance n’est pas seulement conjoncturelle, mais structurelle. Le modèle de développement de l’Afrique du Sud est en panne.

Les causes du ralentissement économique sont nombreuses :
    •    L’affaiblissement du cadre institutionnel révélé par des événements récents, comme le brusque remaniement ministériel de mars dernier ou les péripéties juridico-politiques de remise en cause du Président Jacob Zuma
    •    Les tensions sociales, les grèves
    •    Les carences de la production d’électricité
    •    La mauvaise gouvernance des entreprises publiques
    •    La corruption généralisée et le clientélisme

Inflation, déficit budgétaire, déficit des comptes courants, dépréciation de la devise sud-africaine, le rand…tous les fondamentaux macro-économiques du pays sont au rouge. Mais l’Afrique du Sud est surtout confrontée à de graves problèmes structurels dus notamment à un manque d’infrastructures dans tous les domaines : ports, transports urbains et interurbains, gestion des déchets tant liquides que solides, et surtout dans la production d’électricité.

Après Standard & Poor’s et Fitch Ratings, l’agence de notation Moody’s a, vendredi 9 juin, baissé la note souveraine de l’Afrique du Sud, de Baa2 à Baa3, avec perspective négative. La note de la dette à court terme du pays a également été dégradé à (P)P-3.

Face à cette situation, les étrangers désinvestissent :
    •    General Motors a récemment annoncé son intention de quitter le pays, où il possède plusieurs usines
    •    Le géant minier anglo-américain compte supprimer 2 000 emplois dans deux sites du pays.

Dans ce pays qui apparaissait comme la locomotive de l’industrie africaine, les fermetures d’entreprises se multiplient.

Or, l'Afrique du Sud a besoin d'une croissance durable de 6 à 7% sur plusieurs années pour réduire le taux de chômage de 27,7 % dont plus des deux tiers pour les 15-24 ans.

C’est plus globalement le pacte social post apartheid qui est de plus en plus contesté. La persistance du chômage, l’accentuation des inégalités sociales, la généralisation de la pauvreté suscitent une contestation profonde qui s’est manifestée avec les mouvements de grève, mais également les incertitudes politiques…
Partagez avec vos amis :