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L'Afrique et le G20

Sam. 22 juillet 2017

Créé en 1999, le groupe intitulé G20 est composé de 19 payset de l'Union européenne (UE) représentés par les chefs d’Etat ou de gouvernement, les ministres des Finances et de l’Economie, les gouverneurs des banques centrales.

 

Le 8 juillet, le sommet du G20 tenu à Hambourg a principalement porté sur l’accord de Paris relatif à la lutte contre le réchauffement climatique, le protectionnisme…Cette rencontre a été passablement perturbé par les violences provoquées par des groupes incontrôlés que les médias allemands n’ont pas manqué de pointer, en soulignant la négligence des pouvoirs publics du pays hôte.

 

Par-delà la persistance des désaccords portant sur la Corée du Nord, la Syrie, l’Ukraine, c’est la performance africaine,incarnée par le président sénégalais, M. Macky Sall, qu’il convient de retenir et pourquoi. La voix de l’Afrique était portée par le président guinéen, M. Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, et son homologue sénégalais.

 

L’exhortation africaine a suscité une attention, voire unecuriosité toute particulière. Le chef de l’État sénégalais a sucapter l’intérêt des participants par des propositions novatrices, voire audacieuses, afin qu’ils accompagnent la politique de croissance durable et inclusive des 54 pays du continent africain, dont les défis et les enjeux impactent de proche en proche les pays riches et émergents.

 

Le plaidoyer du président sénégalais s’inspire du « Compact with Africa » ou « plan Marshall pour l’Afrique » ou encore« le Plan Merkel », dont l’intention est d’aider l’Afrique à réaliser de meilleures performances économiques grâce à des investissements privés ou aux mécanismes des PPP (projets publics privés) accrus soutenus par l’UE et les institutions financières spécialisées (IFS).

 

La singularité du message africain consiste à éviter le recours systématique à l’aide de la communauté internationale, mais à solliciter davantage et prioritairement les investissements structurants et durables financés par le secteur privé. Le président Macky Sall a souligné que les partenariats entre les pays les plus riches et l'Afrique ne devraient plus être exclusivement basés sur l'aide, et a demandé aux pays riches de dépasser le modèle de l'aide en vigueur pour s’engagerrésolument vers celui de l’altérité à travers les partenariats etsoutiens à l'investissement.

 

Il a défendu la cause du continent au nom du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD), initiépar son prédécesseur, Abdoulaye Wade. Comme président du comité d'orientation, il a présenté les 300 projets du NEPAD inscrits à l’agenda 2012-2040, dont les besoins en financements sont estimés à plus de 360 Mds $, dont un programme prioritaire à court terme, pour 68 Mds $. Il a invitéles fonds de pension qui investissent massivement dans le pays riches et émergeants, à s’intéresser à l’Afrique. 

 

Outre son plaidoyer en faveur d'un changement profond dans les relations de partenariat entre les pays africains et les pays riches, il a pointé les délits financiers, tels que l'évasion fiscale et les flux financiers illicites pour qu’une accentuation des efforts permette de diminuer la dépendance du continent africain. Cette argumentaire intervient à un moment où l’aide publique au développement (APD) marque le pas.

 

Le président sénégalais s’est félicité de la perception positive des migrations, et a soutenu la chancelière allemande, présidente du G20, qui maintient sa politique d’ouverture en dépit des méfiances, voire oppositions, d’une partie de son opinion publique et de certains de ses pairs européens. Sur ce sujet, pour la première fois, la société civile est partie prenante. La chancelière allemande s’est montrée attentive aux recommandations portées par la société civile représentée officiellement par le Civil 20, qui regroupe les sociétés civiles nationales et internationales. 

 

En conclusion, investir en Afrique sera moins onéreux humainement, financièrement et politiquement, que de gérer au coup par coup les conséquences de crises humanitaires, socio-économiques et des violences qui durent, risquent de s’enraciner, voire de s’étendre à d’autres régions. Il est plus que temps de casser la spirale infernale de la pauvreté et de l’obscurantisme qui n’est pas une fatalité- qui concerne aussi les pays non africains.

 

Daniel JOANNES

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