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LA TOMATE, L’OR ROUGE DU NIGÉRIA

Mer. 23 août 2017
Après la culture du riz, la production et la transformation de la tomate prennent de l’essor dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest, au Burkina Faso, au Mali, au Sénégal et au Nigeria.

La campagne 2016 a été particulièrement abondante avec une production mondiale de 171 Mt, celle de 2017 devrait rester stable. 30 sont destinés à la transformation. La production mondiale a augmenté de 35 % au cours de la dernière décennie et se répartit comme suit : l’Asie 45 %, l’Europe 24 %, l’Afrique 12 %, l’Amérique du Nord 11 % et l’Amérique latine 8 %. La Chine est le premier producteur mondial avec un peu plus du quart du total mondial.

Par le volume de sa production mondiale, la tomate se place devant la pastèque et le chou, et derrière la pomme de terre et la patate douce.

La transformation de ce fruit-légume en concentré et sauce tomate génère un chiffre d’affaires de plus de 10 Md$. Il est le plus vulgarisé et consommé de la planète.

Frère cadet d’Aliko Dangote, le magnat le plus fortuné d’Afrique, leader dans les secteurs du ciment, du sucre, de l’huile, des céréales et de la farine sur le continent africain, Sani Dangote mise sur la production, la transformation et la commercialisation de la tomate pour dynamiser la région du nord du Nigeria, et l’ériger en pole agro-industriel africain de référence. Il participe au renouveau économique de l’Etat de Kano, dont la capitale éponyme avec 13 millions d’habitants, est la deuxième agglomération du Nigeria.

Dès 2015, il a investi près de 30 M€ dans une usine de production de sauce tomate localisée à la périphérie de Kano. Il prévoit le doublement de la production pour 2019, soit 240 t/j, et s’engage à s’approvisionner auprès des cinquante mille cultivateurs de tomate de la région.

En dépit de plusieurs problèmes sanitaires qui ont émaillé la première campagne de 2016 (maladies et parasites), il maintient le cap. Il projette aussi la création de nouvelles implantations agro-industrielles dans un Etat voisin de la fédération nigériane, puis dans d’autres pays de la sous-région

Le gouverneur de l’Etat de Kano n’est pas en reste en affirmant publiquement que « La tomate pourrait bien être l’or de Kano, car on a des facilités d’irrigation et on ne manque pas de terres. Ce qui importe, c’est d’assurer la rentabilité. Nous avons les meilleurs hommes d’affaires d’Afrique et la tomate est rentable. Ça va contribuer à notre avenir. » Le président de la Banque africaine de développement (BAD) lui a emboîté le pas en exhortant les investisseurs africains et étrangers à participer au développement agricole nigérian, notamment en faveur de la filière tomatière.

Etat membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO), le Nigeria est confronté aux réalités du libre échange où la concurrence dans le secteur tomatier est rude entre pays producteurs de la région. En mars dernier, le gouvernement fédéral a pris un décret interdisant toute importation de concentré et de sauce tomate au Nigeria. Cette mesure conservatoire comporte des effets pervers à moyen et long terme.

Même s’il est le 14ème producteur mondial de tomates et le premier d’Afrique subsaharienne, le Nigéria importe annuellement près de 189 000 tonnes de tomates transformées, de mauvaise qualité à cause de la présence de colorants, de produits chimiques et de conditionnements qui ne respectent pas les normes phytosanitaires préconisées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une production jugée très insuffisante en regard de la demande intérieure estimée à 900 000 tonnes selon le ministère de l’Agriculture.

A travers ce projet agro-industriel ambitieux, l’entrepreneur nigérian incarne la nouvelle génération d’investisseurs ou tycoon décomplexés de l’Afrique sub-saharienne. Il n’y a pas de fatalité africaine face à la pauvreté, l’instabilité et l’insécurité, les zones de crise et la gouvernance défaillante sur le développement.

La maîtrise de la filière en Afrique subsaharienne impose aux opérateurs et pouvoirs publics de multiplier les usines de transformation, les capacités de stockage (surplus et période de soudure), la sécurisation de l’énergie et des infrastructures d’évacuation souvent inutilisables à la saison des pluies.
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