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LE RWANDA ET LES HUILES ESSENTIELLES

Mer. 06 septembre 2017
Depuis une décennie le Rwanda, pays enclavé au cœur du continent africain, s’engage résolument dans une politique de développement tous azimuts dans les énergies renouvelables (EnR), l’Internet, l’éducation, la santé, la potabilité de l’eau et l’assainissement, les infrastructures, l’écotourisme et la diversification des productions agricoles, l’innovation technologique, le développement agricole.

En 2014, le Rwanda s’est doté d’un laboratoire national de contrôle des huiles essentielles, le premier du genre dans la sous région. Ce service public permet de tester la qualité des huiles essentielles (géranium, patchouli, pyrèthre, tubéreuse, citronnelle, etc.) pour satisfaire aux standards internationaux, et faire face à un triple défi : la faible production, le nombre limité d’oléiculteurs et de transformateurs, le déficit promotionnel.

Pour se hisser au niveau des principaux producteurs mondiaux d’huiles essentielles d’ylang-ylang, de vanille et de clous de girofle, les autorités locales ont fait appel à l’expertise du Trade Mark East Africa (TMEA), une organisation régionale de promotion du commerce en Afrique de l’Est, pour bénéficier du soutien technique visant à identifier les variétés profitables et de niche, stimuler la productivité des oléiculteurs, convaincre les opérateurs de l’agroalimentaire et de la cosmétique de la qualité des produits « Made in Rwanda ».

Le cas du Rwanda est remarquable compte tenu de son enclavement, des vicissitudes de l’histoire récente, des obstacles inhérents en matière d’investissements et de savoir-faire. En moins d’une décennie, la filière des huiles essentielles rwandaise a exporté environ 14 tonnes d’huiles essentielles (géranium, moringa, patchouli et tagète) et engrangé 473 000 $, selon l’Office national de développement des exportations agricoles (NAEB).



Les huiles essentielles sont originaires, pour la plupart, des pays en voie de développement. D’autres huiles proviennent des pays développés et émergents comme l’orange de Floride et du Brésil, la menthe d’Inde et de l’Est des États-Unis, le lavandin de France, le tea tree d’Australie. Quant à l’eucalyptus, produit majoritairement en Chine et le clou de girofle de l’archipel indonésien, premier producteur mondial…

Leurs productions intéressent l’agro-alimentaire, l’aromathérapie avec un marché en progression de 20 %, l’industrie de la parfumerie et la pharmacopée. Le marché évolue avec 150 huiles essentielles couramment commercialisées. La production mondiale de ce secteur avoisine annuellement les 120 000 tonnes pour un montant estimé à 850 M$.

Si le marché international croît en moyenne annuelle de 3,5 à 4 % depuis plusieurs années, le marché européen stagne autour de 3 % l’an. Les capacités de production et de transformation européennes sont insuffisantes pour répondre à la demande mondiale. Depuis les années 2000, les échanges commerciaux se concentrent entre les Etats-Unis, l’Amérique latine, l’Asie et les pays en développement producteurs d’huiles essentielles.

Les huiles essentielles les plus vendues dans le monde, représentant près de 90 % des échanges, se répartissent principalement en deux groupes : les agrumes et les menthes. Le Brésil est le premier producteur mondial d’huiles essentielles en terme volumétrique, la deuxième place revient à l’Inde pour sa production d’huile essentielle de menthe verte et poivrée qui lui a permis de reprendre le leadership à la Chine.



L’importante disparité des prix provient des modes de productions liées à la rareté des produits, la faiblesse des rendements et la forte demande. Le prix d’une huile essentielle d’orange est estimé à 6 €/kg, celui de l’huile essentielle de rose damacesna varie entre 6 000 et 7 000 €/kg produite essentiellement en Bulgarie et Turquie, le néroli en provenance de Tunisie se négocie autour de 4 000 €/kg, l’iris d’Italie atteint les 55 000 €/kg et le jasmin grandiflorum d’Egypte peut atteindre les 70 000 €/kg, la vanille et l’ylang-ylang autour de 400 et 1 000 €/kg…Le secteur est en forte évolution compte tenu de l’ambition de certains pays comme le Guatemala ou le Rwanda de développer leurs productions.

Daniel JOANNES
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